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Quelques clichés concernant internet

Clichés sur internet

Cet article se fonde sur des études ou des articles publiés sur le web ainsi que sur des considérations personnelles. À partir d’études comportementales réalisées ces 3 ou 4 dernières années, un certain nombre de principes se dégagent. Il existe désormais des tendances convergentes concernant la façon d’agir/réagir des internautes. Jakob Nielsen l’a d’ailleurs établi en principe “Les utilisateurs passent plus de temps sur d’autres sites que le vôtre, c’est là qui construisent leur expérience.”

- Cliché 1 : Internet c’est facile et fun

Non, l’internaute ne viens pas sur le web par plaisir. Pour les cas qui nous intéressent (je ne parle pas des sites de jeux, tchat, mp3, sexe), les utilisateurs ne se connectent pas sur le web par plaisir mais parce que c’est plus rapide de trouver du contenu sur le web que par tout autre moyen. C’est moins agréable que de prendre un journal, un magazine ou d’allumer la télévision. Il est à noter par ailleurs que télévision, journaux, livres sont des médias ancrés dans notre culture depuis fort longtemps. Signalons enfin que des tests ont montré que le confort de lecture sur écran diminue de 25% par rapport au papier. Les internautes viennent donc sur le web avec un objectif spécifique qui va nécessiter un effort. Le mot est lâché, surfer est malaisé et demande de la concentration.

Interactivité = effort + temps On peut définir l’interactivité comme l’implication de l’utilisateur dans un processus. Dans une approche interactive, l’utilisateur est un acteur et le contenu ne vient à lui que s’il le sollicite. L’interactivité suppose une implication voire un travail/effort fourni. C’est ce travail qui va entraîner la récompense : la satisfaction, le savoir, le plaisir. L’interactivité suppose une certaine durée durant laquelle il faudra maintenir l’attention, la curiosité. Chaque nouveau parcours est une expérience. Source : Alain Vannier, Mastère d’Hypermedia - Ecole des Beaux Arts. Je terminerais en disant que l’usage de sites de jeux, tchat, mp3, sexe ne sont pas à mon sens (mais c’est discutable...) des processus interactifs mais plutôt de la consommation « d’objets multimedia » comme le serait la télévision ou l’usage d’une console de jeux.

- Cliché 2 : L’internaute cherche l’information maximale au plus vite Source : éléments d’un article d’Emmanuelle Richard (Libération : 28 mai 2001)

Non, une équipe du PARC de Xerox a étudié comment l’internaute traquait l’information sur le web. Littéralement : à l’instinct, sans réfléchir, tel un animal à l’affût de gibier pour assouvir sa faim. L’équipe s’est inspiré de la théorie de l’approvisionnement. Lorsqu’un renard affamé a le choix entre un lapin dodu mais rapide et un rat maigre et fatigué, il se contente de la proie facile - effort minimum pour gratification immédiate. Plus simplement dit, l’internaute est assez fainéant. Sur le web, les traqueurs d’informations essayent de maximiser le bénéfice (la pertinence de l’information) par rapport au coût (le temps nécessaire pour l’obtenir). Chaque moment passé à la recherche d’un nouveau coin est risqué : et s’il n’y avait pas de nourriture ?

L’information a une odeur, elle laisse des traces. Les effluves les plus fortes entraînent “l’informavore” vers la “nourriture”. Tout ce qui masque les odeurs ou cache les traces brouille la piste et fait abandonner l’internaute : présentation confuse, liens non appropriés. Les sites les plus « intuitifs » sont ceux présentant des liens évoquant clairement l’information utile.

- Cliché 3 : Dans son comportement, l’internaute est attiré par le graphisme

Non, des études ont montré que l’utilisateur a tendance au contraire à ignorer les graphismes (surtout s’ils sont animés) et à rechercher en priorité le texte. Cela ne veut pas dire que les images n’ont pas d’intérêt. Des visuels intégrés au contenu, bien formatés et qui ont du sens apportent une réelle valeur ajoutée. En conséquence, il ne faut pas croire que les éléments visuellement imposant sont ceux qui attirent le plus l’attention.

Il vaut mieux éviter les liens de type icônes mais un libellé clair et explicite qui « entraîne » et « incite » l’internaute (sans tricher ni tenter de le tromper). Certains visuels attirent plus l’attention que d’autres. Ainsi les couleurs chaudes attirent plus que les couleurs froides, les effets de relief attirent plus que le graphisme en deux dimensions, les visuels avec des visages attirent plus que les visuels avec des objets. Il vaut mieux privilégier les couleurs saturées pour les petites surfaces et les couleurs insaturées pour grandes surfaces. Il convient aussi de faire attention aux associations de couleur qui peuvent entraîner des effets déplaisant à l’œil. Source : www.redaction.be

- Cliché 4 : les internautes détestent scroller

Des études utilisant des techniques de « eyetracking » montre que le parcours de l’œil de l’internaute n’est pas linéaire. La notion de lecture en « diagonale » prend tout son sens sur le web. Il existe en réalité deux modes de “lecture” : un mode superficiel et un mode attentif. Le comportement de l’internaute varie : Soit il est à la recherche d’informations (mode recherche / superficiel). Soit il a trouvé cette information et la consomme (mode consommation / attentif). Ayons en tête notre renard du cliché 2 précédent... En mode de recherche, l’internaute ne lit pas. Son œil procède par bons successifs. Le comportement n’est pas linéaire mais agit par saccades. Il recherche les « odeurs » qui vont l’entraîner vers l’assurance d’être « rassasié ». Si je pulvérise une bonne odeur de viande devant un chemin à l’aide d’une bombe aérosol, à cet endroit je vais tromper notre Goupil une fois... mais pas deux. Certains sites web sont ainsi spécialistes de ce type de duperie en s’imaginant que l’internaute est idiot...

Le mode consommation fait appel à des techniques traditionnelles d’écriture à la différence d’une adaptation à la lecture sur un écran. Le mode recherche exige de nouvelles formes d’écriture (guidage, signalisation, accroche etc.) ce que l’on appelle des microcontenus qui sont des textes courts introduisant un contenu éditorial, le macrocontenu. Il s’agit des titres, accroches et d’une manière générale de tout ce qui constitue l’habillage du contenu : sous-titres, sur-titres, légendes. L’enjeu du microcontenu est d’informer, d’inciter, d’entraîner. Il doit évidemment retranscrire le plus fidèlement possible la portée du macrocontenu. C’est l’odeur de la proie pour notre renard...

On l’a compris, les microcontenus sont destiné au comportement de recherche de l’internaute et les macrocontenu au mode consommation. Exemple de microcontenus : titres, sous-titres, sur-titres, accroches, titres de rubrique, légendes d’illustration, tables des matières ; mais aussi : objets des mails, bannières publicitaires, icônes, barres de navigation, liens hypertextes.

On pose par principe que les internautes n’apprécient pas de dérouler des masses de lignes. Mais cela ne veut pas dire que le scrolling est à bannir, bien au contraire. Une fois passé en mode consommation, l’internaute déroulera volontier une page dont le sujet l’intéresse. Une fois le lapin dodu attrapé, notre brave renard a tout son temps... Par parenthèses c’est ce que tu es en train de faire, ami lecteur... Source : www.redaction.be

- Cliché 5 : le temps est l’ennemi du succès

La “théorie” dit qu’un temps de chargement/recherche élevé est l’ennemi du succès. On voit souvent dans les bonnes pratiques : “le temps de chargement d’une page doit être compris entre 5 et 10 secondes”.- “faire des pages de moins de 30 k” Il faut faire une distinction entre temps réel est temps perçu. Ce n’est pas le temps chronométrique qui est important mais l’impression que l’on a du temps. Une loi classique en IHM (Interface Homme Machine) dit qu’il est plus simple de donner l’impression qu’une tâche est facile que de tâcher de la rendre facile. On pourrait même philosopher un peu en rappelant le principe stoïcien : “Ce ne sont pas les choses qui nous troublent mais l’idée que nous nous faisons des choses” (Epictète 7° siècle AC). Notre perception dépend un peu du temps chronométrique mais surtout de :

- La latence et la progressivité La latence est le temps qui sépare le clic sur un lien et le début réel de chargement. Elle dépend du serveur et de l’encombrement du réseau. Il est ainsi conseillé de charger les pages progressivement pour éviter d’avoir une page blanche trop longtemps. Il vaut mieux éviter d’afficher un long tableau unique, le fractionner en plusieurs tableaux

- La stabilité de la mise en page et de l’aspect visuel de l’écran Eviter ainsi le texte qui bouge lors de la mise en page. Eviter aussi les pages inutilisables tant que les x images boutons ne sont pas chargées.

- Et surtout, surtout : la capacité du site à satisfaire l’internaute - l’utilité du contenu L’internaute, en fonction des informations qu’il reçoit, estime inconsciemment (et consciemment aussi d’ailleurs...) si l’attente en vaut la peine. Il modulera son impatience en conséquence. Notre renard ne sera pas déçu si les odeurs l’entraînent vers le lapin dodu au lieu du rat maigre. Il est fort probable qu’il reviendra vers cette parcelle de terrain qui lui a été fort profitable... Source : www.veblog.com : "Temps de chargement, une question moins simple qu’il n’y paraît".

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